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samedi 3 septembre 2016

A l'assaut du Salar d'Uyuni (Bolivie)

Le salar d'Uyuni en Bolivie est un de nos "grands" objectifs en Amérique du sud, c'est une des raisons qui nous a poussés à inscrire ce continent à notre parcours. Mais avant d'atteindre ce désert hors norme (voir le lien ci dessus), la route (ou les pistes boliviennes!) nous ont donné du fil à retordre ....

Avant d'en arriver là, ça n'a pas été toujours très simple...

Je n'ai pas résisté longtemps à l'idée de placer cette photo qui nous plait énormément. Pour info les boites en carton sous nos pieds sont des boites de jeux de cartes!

Une dizaine de jours avant de prendre cette photo, nous avons quitté la Paz en direction du salar d'Uyuni. En réalité, nous voulions prendre un bus jusqu'à Oruro, situé presque à 300 kilomètres au sud de la Paz afin de nous éviter ces kilomètres assez désertiques sur l'altiplano, sans grand intérêt. 

Au moment de prendre le bus à la Paz, on nous annonce qu'un conflit opposant des mineurs aux forces de l'ordre boliviennes a lieu à 200 kilomètres au sud de la Paz et que la route est coupée: aucun véhicule n'est autorisé à passer sachant que les mineurs y vont à coup de dynamite et qu'un ministre a même été tué lors de ces affrontements! Le problème étant qu'il n'y a qu'une route et que nous n'avons pas spécialement envie de rester à la Paz sachant que le conflit peu durer plusieurs semaines!
La décision est vite prise, nous enfourchons nos vélos et direction Oruro!

Nous roulons donc 2 jours sur l'altiplano, qui n'est pas si plano que ça; la route (4 voies) monte et descend régulièrement, le vent décide de s'en mêler (nous l'avons de face), le paysage est désertique, beaucoup de cadavres de chiens sur le bord de la route, qui est souillée de déchets, rien de bien passionnant. Au niveau de la circulation c'est très tranquille, comme la route est barrée nous ne nous faisons doubler que par des convois militaires ....

Le soir du deuxième jour, nous dormons dans le hall d'une piscine alimentée par des sources d'eaux chaudes, il y a beaucoup de vent, il fait froid et nous sommes contents de trouver cet abri qui en plus nous permet de profiter du lieu pour nous dépoussiérer. Nous ne sommes ce soir là qu'à 20 kilomètres de la zone de conflit et nous ne savons toujours pas si nous pourrons passer?

Le lendemain, nous reprenons la route qui est toujours aussi calme et nous arrivons rapidement au milieu d'un village "occupé" par l'armée, les bas côtés de la route sont jonchés de douilles de fusils sur plusieurs kilomètres. Les militaires et policiers sont surpris de voir cette drôle de famille débarquer à vélo, ils nous encouragent et nous tendent sur notre passage des biscuits, ils ont l'air plutôt "détendus". Nous apprenons que la route a été réouverte la veille et les mineurs se sont repliés dans les montagnes surplombant le village. Nous sommes passés et c'est le principal!

Nous mettrons 3 jours à rejoindre Oruro qui est une ville très polluée et sans grand intérêt, c'est froid ventée, bruyant ... Nous y passons une nuit et nous prenons un bus très tôt pour une ville située plus au sud (Challappata).

Ensuite le paysage change et devient vraiment plus plat, nous nous rapprochons gentiment du salar d'Uyuni, le vent de face est de plus en plus présent, Félix fait preuve de beaucoup de courage pour lutter contre cet ennemi.

Nous bivouaquons ce quatrième soir au milieu de la pampa, loin de la route et entouré par un troupeau de vigognes, c'est très calme et apprécions énormément le lieu. 

Paysage de l'altiplano

Wagon abandonné à Chalapata

Préparation du bivouac du jour


Le vent toujours présent se transforme en cette journée en tempête de sable, nous n'avions jamais vécu une telle expérience. Dans un premier temps le vent de côté nous oblige à pousser les vélos car nous nous déportons sans cesse sur le côté opposé de la route. Le pire est la visibilité que nous perdons, nous voyons à peine à 10 mètres, le sable nous rentre dans la bouche, les yeux (malgré les lunettes), ...
Nous nous abritons dans un premier temps contre un mur, mais la tempête ne se calme pas et nous décidons de monter la tente dans la cour d'une maison qui nous sert d'abri, nous croisons les doigts pour que vent cesse cette nuit?

Félix qui sort de la tempête

Heureux d'être enfin à l'abri!


Le lendemain nous reprenons la route, le vent est encore présent mais le sable se lève moins. Nous ne pouvons pas rester dans ce village et nous reprenons la route. Au bout de quelques kilomètres la situation empire et nous ne pouvons plus avancer, les éléments se déchaînent, nous n'y voyons plus rien! Par chance, un 4*4 avec une famille à son bord s'arrête à notre hauteur et son chauffeur prend les choses en mains. Nous montons rapidement les enfants à bord du véhicule déja surchargé pendant que les hommes présents chargent les vélos sur le toit du véhicule. Nous voila à l'abri pour les 35 kilomètres qui nous séparaient de la ville de Salinas Garci Mendoza où nous trouvons un hôtel (glacial) pour la nuit. Ouf!


Le lendemain le vent s'est calmé et le ciel est bleu, nous pouvons reprendre la piste normalement, nous poussons un peu dans les passages sablonneux mais les paysages deviennent superbes.

Vue sur le volcan Thunupa

Nous sentons que nous nous rapprochons du salar et sur une piste peu avant de l’apercevoir, nous rencontrons Marius, un français parti pour un an de voyage à moto. Nous sympathisons rapidement et décidons de faire un bout de chemin ensemble. Nous dormirons ce soir là au pied du salar dans le petit village de Jirira où nous ferons un match de foot France/Bolivie avec les enfants du village.


Piste descendant au salar d'Uyuni

Ce matin là, nous posons enfin les roues sur le salar et prenons la direction de l'île d'Incahuasi pour y passer la nuit.

Félix qui promène sa sœur sur le salar

Les distances sur le salar sont trompeuses car nous apercevons l’île depuis pas mal de temps mais en fait nous sommes à plus de 40 kilomètres, nous y allons en hors piste en suivant un cap indiqué par le GPS.

Anne Lyse s'assure que le salar est bien composé de sel

Nos premiers tours de roues sur cette surface "particulière"

Départ sur le salar, qui va gagner: le motard ou les cyclistes?

Nous atteignons l'île qui est parsemée de cactus vieux de plus de 1 000 ans pour certains et déjeunons sur ce lieu si particulier.





Anne Lyse et Félix qui tentent de fabriquer un château de sel

Nous trouvons un lieu de bivouac superbe où vient se joindre à nous un cyclovoyageur brésilen, Louis Antonio, parti depuis 8 mois, nous partagerons avec lui nos prochains repas et kilomètres sur le salar.

Le reste de la soirée sera consacré à la prise de photos plus ou moins loufoques, partie de rigolade assurée. Je vous laisse juger et voter!







Nous trouvons un lieu de bivouac magique, avec en prime un coucher de soleil et une nuit étoilée comme nous n'en n'avions jamais vue, car la qualité de l'air est ici très pure.

Les tentes passent au centimètre, mais nous sommes bien protégés du vent

Le lendemain nous reprenons la piste pour Uyuni où nous allons pouvoir faire un brin de toilette et de ménage, nous reposer et repenser à ces dernières journées qui resteront gravées.

Mais avant nous profitons de nos derniers kilomètres (75) sur ce désert hors normes avec quelques arrêts photos obligatoires.



T'inquiète Mag, on suit!

Attention aux coups de soleil!

La sortie c'est tout droit!

Pour les amateurs: sculpture réalisée en un bloc de sel


Nous nous rapprochons maintenant de la frontière Argentine (300 kilomètres), le prochain article sera réalisé de la bas je pense, en espérant que le vent nous y pousse.

PS: Merci beaucoup pour tous vos messages qui nous font chaud au cœur, ça nous encourage dans ces moments un peu galères qui sont en fait très vite oubliés.




















16 commentaires:

  1. Magnifique.... Les commentaires, les photos, les photos- montages, quel plaisir de voyager avec vous. Mais je vais sortir mon planisphère pour bien vous suivre car ma géographie de l'Amérique du Sud a ses limites. Bonne route, bisous à vous 4. Soizic

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  2. Quelle aventure!! on est loin de s'imaginer une telle résistance....contents que vous soyez arrivés "à bon port"mais quelle galère .Skype nous avait rassurés hier soir déjà et la joie de vous voir et vous parler !!! maintenant repos !!!Bisous bisous .Mamie MA

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  3. hello les aventuriers. Je me décide enfin à vous laisser qq mots. Je vous suis depuis le départ... et c'est toujours aussi vrai... j'adore! Les photos sont superbes, les textes... comme si on y était!
    Un grand bravo à vous 4 pour votre courage. Je vois que malgré qq galères, vous profiter pleinement des paysages, des gens, de tout!
    Quelle merveilleuse aventure. Plein de courage, de forces pour la suite. Fred de bMx (la gazelle!?!)

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  4. Hello!! Vous m'impressionnez, hein! Vous le savez ça! Quelle aventure! Et je ne suis pas la seule, hier soir encore au forum (oui, ici, la vie ronronne, une rentrée, un forum, normal), Alain (que vous ne connaissez peut-être pas mais qui lui vous connait comme pas mal de monde dans le coin ;-) )me disait: "wouaw,c'est impressionnant leur périple!". Et oui! On pense bien à vous et continuez a en profiter!! Plein de bisous. La famille Paliern

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    1. Merci, nous tentons juste de vous retranscrire nos impressions et notre vision (de français!) des pays traversés. Nous le faisons en mode escargot et ainsi nous avons le temps d'en profiter! La vie dans les villages en Bolivie nous paraît très rude, mais les habitants ont le sourire 😊 et profite de la vie à leur manière. A méditer...

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    2. bonjour sa me fait chaud au coeur a moi aussi de suivre ces aventures.bon courage a Félix.je trouve que les photos sont belles.coucou de la part de Adrien

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  5. Bonjour, nous vous suivons depuis le début et votre aventure est superbe ; quels beaux paysages! Je note votre carnet de route car l'an prochain ce sera à notre tour. Bonne continuation. Sandrine et Rodolphe

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  6. C'est beau mais ça se mérite... On vous a attendu au stand KB hier soir au forum, mais personne. Vous êtes tout de même membres KB à l'humanité pour la saison 2016/2017.
    On vous embrasse, vivement le prochain article !
    Fred

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  7. Vous n'imaginez pas les leçons que vous nous amenez à chacune de vos aventures!Mais quels aventuriers vous êtes! , quelle famille, et quelle chance on a de vous connaître pour partager tout cela même de loin avec vous.MERCI et gardez confiance et le sourire.On vous suit.Bisous .Sophie Roy

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  8. impressionnant ce désert de sel ou rien n'accroche le regard, complètement à l'opposé de cette vue plongeante sur Lapaz d'un l'article précédent!Plein les yeux, vous allez vous rappelez de tout!?
    ps: Il sont partout les BMiste!!
    Cyril

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  9. C'est tout simplement génial de ne pas se laisser vaincre par les éléments, il est vrai que lorsque quon s'est sorti de moments pénibles on en rigole après coup, l'humain est capable de se dépasser qd il le doit, foncez vs etes pleins de ressources insoupçonnées.
    Ma favorite photo est celle où vous allez mettre les enfants à cuire ds la casserole, morphalous va ! On vous suit et on vous embrassons (surtout les enfants) au fait ! La rentrée des classes a eu lieu, cool non ?

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  10. On ne perd pas un grain de sel de vos aventures...

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  11. Que des photos magnifiques ; elles symbolisent la beauté de la nature que l'homme a peu endommagé mais elles sont contrastantes avec la dureté quelles vous infligent pour la découvrir ; nous sommes admiratifs de votre force ; tout bonheur se mérite et vous en êtes le reflet ; On vous aime très fort
    gros bisous ; a tres bientot
    Karine Alan Louna

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  12. Coucou les p'tits loups!
    Quelle chevauchée au far far west ... vous êtes incroyables et on est si fier de vous 4! Bravo pour avoir dompté les éléments déchaînés, osé continuer malgré l'incertitude et la fatigue. Vous êtes un modèle de combativité et de positivisme... à consommer sans modération! Sous le soleil exactement! Enormes bisous
    Elise et Cie

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  13. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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