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jeudi 1 juin 2017

L'Italie, l'autre pays du vélo

Quelle belle découverte ce pays voisin du nôtre! Non pas que les pizzas soient excellentes, ça, nous n'en doutions pas un instant, mais que les pistes cyclables et autres aménagements routiers soient aussi présents est une initiative qui devrait être dupliquée dans nos régions. Il y a certes, encore beaucoup à faire pour arriver au niveau des Pays Bas par exemple, mais grâce à ces choix, qui à mon avis ne datent pas d'hier, les italiens prennent plus facilement le vélo pour se rendre au travail ou bien aller faire les emplettes en ville .

Et ça tombe bien puisque le vélo est notre moyen de déplacement, alors ici, en Italie, nous trouvons "chaussure à notre pied". Bien sûr, il y a parfois des tronçons qui nous obligent à nous noyer un peu plus dans la circulation mais nous retombons toujours sur de petites routes de campagne traversant champs de vigne ou de blé.

Venise, une ville humide (ciel et mer ce jour là!)



C'est donc par Venise que nous découvrons l'Italie, avec une arrivée un peu mouvementée car nous avons débarqué du ferry en provenance de Grèce à 3 heures du matin après une très courte nuit. Pas de bol au niveau de la météo cette nuit là car il pleut, il fait froid et la vingtaine de kilomètres à avaler pour rejoindre l’hypothétique camping repéré ne nous enchante guère! Nous sortons du bateau ne sachant plus très bien ce qui nous arrive, au beau milieu d'une zone portuaire illuminée par la raffinerie voisine. Côté romantisme, pour une arrivée à Venise, il y a mieux!

Alors, nous prenons la (sage) décision de finir la nuit sur les bancs du hall d'embarquement de la gare maritime, un enfant sous chaque bras et le tour est joué. La machine a café n'est pas loin et il ne reste plus qu'à attendre que le jour se lève et que la pluie cesse.



Avec notre compagnon pèlerin Jean Baptiste 

Il y en aura au moins 2 qui auront la forme!


C'est ainsi que nous arrivons sur un très joli camping au porte de la cité des eaux. Nous y rencontrerons une sympathique famille française: Yann, Elodie, Titouan et Clélie, avec qui nous visiterons Venise le lendemain. La météo n'est pas vraiment au rendez vous mais qu'importe car cette ville mérite le détour.
Nous déambulons ainsi dans les rues de Venise comme bon nombre de touristes, tout en observant la vie des bateliers et l'organisation atypique mise en place pour ravitailler les magasins ou entretenir les maisons: livreurs, maçons, ..., tous disposent du même moyen de déplacement: le bateau!

Nous avons beau être en semaine, il a beau pleuvoir, il y a (pour nous) énormément de monde dans les endroits touristiques: place St Marc,etc... Mais dès que nous retrouvons les petites ruelles, tout devient plus respirable, plus tranquille. Nous découvrons ainsi une ville qui nous enchante et nous charme à sa manière ...


Ruelle tranquille de Venise

Nombreuses boutiques vendant des masques pour le carnaval

Même pas de pédalos pour les P'Tits Vélos, histoire de garder le rythme!

Place St Marc


Gondoles vénitiennes


Après cette journée balade, nous reprenons nos vélos en direction du fleuve "le Pô" où passe l'Euro vélo 8 (route que nous avons empruntée en Grèce et qui relie Athènes à Cadix en Espagne). Nous quittons l'agglomération de Venise et ses zones industrielles par des 4 voies et autres grands ronds points avant de retrouver des routes plus tranquilles qui nous emmènent au bout de 80 kilomètres sur les rives du Pô.

Pas de problème pour le ravitaillement car nous nous rendons très vite compte qu'en Italie, les grandes surfaces n'ont pas encore fini d'engloutir les petits commerces de proximité, contrairement à ce qui s'est passé ces dernières années en France. 
Nous échapperons de justesse à un violent orage durant lequel des grêlons gros comme des billes  s’abattront sur le toit du préau qui nous sert de refuge. On l'a échappé belle car c'est arrivé en 2 minutes. Nous décidons alors de vite trouver un abri pour la nuit.
Coup de chance puisque nous trouvons refuge dans une cabane "en dur", tout équipée (sans fenêtre ni porte, faut pas exagérer quand même!) et relativement propre. Nous déplions notre bâche et le tour est joué: trop facile!

Notre squat "de luxe" avec le message qui va bien!

On a juste pris un peu l'eau en pleine nuit quand le deuxième orage est arrivé!

C'est ainsi que pendant plusieurs jours nous longerons ce fleuve en suivant ses méandres, le tout sur une digue permettant aux habitations et aux surfaces agricoles de se prémunir des inondations. C'est plat, c'est toujours un peu le même paysage, nous passons d'un champ de céréales à un champ de maïs. Les villages bordant ce fleuve sont très calmes, il ne faut pas rater les ravitaillements. Nous sentons qu'ici aussi la ruralité ne doit plus beaucoup intéresser la jeune génération... au profit des villes dont la population augmente.
Heureusement, certaines crevaisons ou séances de mécanique viennent agrémenter les journées.

Anne-Lyse s'est découvert une passion pour la mécanique durant ce voyage...

Comme nous nous ennuyons un peu, nous rallongeons les journées de vélo en allant  parfois jusqu'à battre notre distance maxi et ainsi passer la symbolique barre des 100 kilomètres, pour la première fois en ce qui concerne Félix et Mag.
La chose qui nous aura vraiment emballés le long de ce fleuve, est la facilité avec laquelle les bivouacs  sont faciles à trouver, tous plus tranquilles les uns que les autres. A ce niveau-là, on se régale!

Compteurs de Félix et de Magali

Félix, un brin joueur, veut tenter sa chance

Même en y mettant  la meilleure volonté du monde, ça ne passe pas!

Nous nous arrêterons dans certaines villes assez importantes le long du Pô: Pavia par exemple, où nous resterons 2 jours, ou Crémona, qui a eu la bonne idée de fermer son seul et unique camping. Fort heureusement et en observant la carte, nous avons repéré un terrain de moto cross le long d'un canal à la sortie de la ville. Il y a des signes comme ça...
C'est ainsi que nous avons demandé l'hospitalité aux membres du moto club de Crémona. La famille du moto cross nous a sauvé la mise ce jour là car nous nous sommes installés dans le paddock. Nous étions partagés entre les images du Giro qui passaient à la télévision et les pilotes qui évoluaient sur une piste qui ne me donnait qu'une envie: aller m'amuser avec eux sur un terrain parfaitement tracé. Nous avons donc passé une nuit confortable après avoir profité des douches et autres commodités: cool.

Félix à l'approche d'un terrain de camping  moto-cross qui nous va bien!

Assez vite nous apercevons les contreforts de la chaîne des Alpes qu'il va falloir franchir pour passer la frontière. Difficile de se dire que de l'autre côté de ces montagnes c'est la France!
Nous devons choisir le passage qui nous correspond le mieux (circulation, dénivelé, kilométrage, ...) et nous optons pour le col de la Lombarde. Et il s'avère que c'est un mauvais choix puisqu'il encore fermé suite aux dernières chutes de neige. Nous voulions passer ce col et redescendre côté français par Isola puis filer vers Nice.

Chaine des Alpes au fond

Très belle église italienne

Nous choisirons une route plus au sud, grâce à une trace GPS récupérée sur un site décrivant l'Eurovélo8. Nous nous engageons donc sur cet itinéraire du Piémont, qui est on ne peut plus joli, mais les monts que nous commençons à passer nous inquiètent quand même un peu pour la suite. Les organismes souffrent dans les montées, les freins chauffent dans les descentes, bref une belle partie de manivelle s'annonce.

Des ronds points comme nous les aimons!

Camping avec piscine ce soir là. On peut voir ce qui nous attend en face...

Des côtes bien "casse pattes" qui ne dérangent pas Anne-Lyse?


Par le plus grand des hasards, le samedi 27 Mai, nous sommes arrêtés par une route barrée et un mini bouchon en pleine campagne. Nous nous demandons bien pourquoi il y a autant de monde au bord de la route à cet endroit. En fait nous arrivons juste au moment où les coureurs cyclistes du tour d'Italie, le Giro, coupent la route que nous avions choisi d'emprunter. Ni une ni deux, nous posons les vélos et courons avec les enfants pour encourager les coureurs (film ci dessous).
Félix est aux anges (moi aussi), nous assistons au démarrage d'une échappée et même si ça va vite, l'ambiance est au rendez vous. Nous reprenons alors le parcours emprunté par les pros quelques dizaines de minutes avant nous. Les spectateurs ou bénévoles encore présents nous regardent passer, ébahis! Tous se demandent ce que nous faisons ici et très vite leur étonnement se transforme en encouragements.


Pour en revenir à notre parcours, les montagnes deviennent de plus en plus présentes, de plus en plus hautes et ça fait de plus en plus mal aux guibolles! Qu'importe car ce n'est certes pas facile, mais nous sommes surtout très tranquilles. Nous traversons des champs d'oliviers en terrasse, des forêts de hêtres de toute beauté; le tout au milieu d'une circulation quasi inexistante.
Les côtes sont parfois longues de plus de 20 kilomètres, nous prenons certaines journées quasiment 1500 mètres de dénivelé positif. Au final, nous sommes épuisés mais heureux de nous retrouver au milieu de ces montagnes.
Les lieux de bivouac sont parfois difficiles à trouver tant les vallées sont escarpées. Nous devons chercher, fouiner chaque petit chemin afin de débusquer le lieu idéal qui nous fera passer une nuit réparatrice. A chaque fois c'est un jeu que nous aimons, rester discrets et se retrouver au milieu de nulle part....

Même pas mal!

Montagnes en vue: chouette!

Anne-Lyse pédale de mieux en mieux.... Photo trompeuse!


Villages magnifiques souvent accrochés à la montagne

repos salvateur après 4 heures de montée ce jour là....


Nous avons eu très chaud en Italie et parfois il faut trouver des solutions pour les devoirs

Bivouac le long d'une falaise sur une route abandonnée ...

ou dans un chemin abandonné le long d'une autre falaise?


Pour tout dire, dans ces différents cols escaladés, nous avons croisé bon nombre de cyclistes italiens, suisses, allemands, français, ... Mais surtout, nous nous sommes souvent fait doubler par ces sportifs équipés de très beaux vélos carbone et dans ces moments nous avions une soudaine envie d'aller tester la résistance du plus ou moins jeune retraité qui nous doublait à 10 kilomètres heure de plus que nous. Mais à part Félix, qui démarrait à chaque fois dans la roue de l'attaquant, et bien moi je restais scotché à 8 à l'heure, assis sur mes 90 kilos (avec Anne-Lyse). J'avais beau me mettre debout sur les pédales et arracher le guidon ... mais rien ne se passait. Alors, maintenant je n'ai qu'une envie:  remonter sur mon vélo de route presque carbone et aller jouer dans la montagne, histoire de rétablir l'ordre des choses ... juste pour rigoler.
Notre fierté en a pris un coup à ce petit jeu, mais ce que nous retiendrons par dessous tout restera leurs encouragements et leur tête lorsqu'ils voyaient débarquer ce drôle d'équipage en haut des cols!

Partie du profil altimétrique que nous avons effectué sur nos derniers jours en Italie



Je vous laisse avec la vidéo suivante où l'on voit aperçoit les coureurs du Giro, vous pourrez apprécier les prouesses de Félix en descente (il n'a aucun problème en montée non plus...) et la façon dont parfois nous préparons un bivouac (au moins pour la partie toilette).







Le prochain article sera écrit de France sur la France. L'aventure touche (bientôt) à sa fin. Nous ne vous remercierons jamais assez pour tous vos messages d'encouragements, c'est une des raisons qui nous pousse à rentrer!

Bonne fin d'année scolaire à tous et surtout préparez bien les vacances: n'oubliez pas les vélos! Mais avant n'oubliez pas notre rendez vous du 1er Juillet!

  

10 commentaires:

  1. Courage pour le passage de c'est si belle montagne que sont les Alpes.
    Nous vous attendons pour le retour qui est maintenant à moins d'un mois.N'oubliez pas de nous tenir informé sur votre itinéraire de retour.
    Vous avez encouragé les coureurs du tour d'italie, moi je veux encourager des amies qui sont entrain de finir leur tour du MONDE. Encore bravo pour le parcours déjà effectué.
    A très bientôt,
    Jonathan, Mélissa, Tiago et Andrèss

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  2. Well done! We wish you a very good way to France ... for sure, you also ged mixed feelings as I and my family. Our trip around the worlds ends also very/too soon: www.peak41.com. Enjoy!!!!

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  3. Quelle belle performance cette petite famille, Félix est un champion ça promet sur les routes bretonnes pour le futur. Les dénivelés même pas peur, même les filles s'y collent avec enthousiasme, on vous admire nous qui nous trainons parfois dans les côtes kiwis !!!! Magali où as tu donc dégoté une vrai chaise en haut d'un col, trop classe !!! ? On vous rassure on ne va pas pédaler sur le flanc ouest (pas fous qd même !) nous voilà arrivés à Rotorua et on "grimpe" vers Aukland et Coromendel.......des bises au gout de souffre, sommes en plein sur des zones avec une activité volcanique, ça fume....nous aussi ds les bon diou de côtes !!!!

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  4. Belle performance pour toute la famille. Toujours dans le rythme je vois.
    C'est bien agréable de voir vos photos et Vidéos...et çà me rappelle les bons moments passés ensemble en Grèce.
    J'ai aussi rencontré de belles bosses en Albanie et en Croatie. Et je n'ai pas trouvé le bon passage pour la Suisse. Du coup, après quelques jours de pédalage sur l'Eurovelo 6, je suis arrivé à destination depuis hier. Donc avec quelques semaines d'avance....
    J'ai eu de vos nouvelles par Pascale et Christophe, un couple en tandem que vous aviez croisé en Italie quelques jours avant moi....que le monde est petit.
    Pédalez bien sur les pistes de France.
    A très bientot

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  5. T'inquiète Yvan, tu vas pouvoir t'en donner à cœur joie sur route ou en vtt une fois allégé des bagages ... et j'ai comme le sentiment que Félix va être terrible également, on le sent super à l'aise et facile !
    C'est à chaque fois une joie de lire et partager votre périple, nous avons hâtes de vous revoir tous les quatre ...
    Biz
    Fred

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  6. Encore de belles images....
    La France se rapproche et votre retour avec.
    Tenez-nous au courant de votre passage en Vendée.
    Vincent A.

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  7. A fond la forme le petits vélos! Encore une lecture "que du bonheur"... on en profite! Bien (re)venus en France. A très vite, Fred Jamin

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  8. C'est de nouveau avec beaucoup de plaisir que nous lisons votre article, que nous partageons votre aventure. Vous nous avez fait voyager tout au long de l'année. Bravo à vous 4 pour cette magnifique aventure, elle restera gravée à jamais dans vos esprits.
    Profitez bien de vos dernières semaines, et au plaisir de vous revoir très prochainement,
    Bon retour chez nous
    Grosses bises à vous 4
    Solenn et Jean-Paul

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  9. Le retour au confort, quel changement. Eh bien nous vous attendons bien comme prévu, a vous le loisir de nous prévenir de votre arrivée. Vous verrez, en gironde aussi les pistes cyclables sont bien présentent...

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Merci pour vos commentaires